Les Juré.e.s

Marion Aubert

Création : saison 2017/2018

Production : Cie Tire pas la Nappe

Mise en scène : Marion Guerreo

Son : Antonin Clair

Avec Marion Aubert, Stephan Castang, Adama Diop, Capucine Ducastelle, Gaëtan Guérin et Elisabeth Hölzle

A partir de trois procès historiques qui interrogent les limites et les contradictions de la liberté d'expression (...) nous inventerons un procès imaginaire et contemporain (peut-être le procès d'une oeuvre collective et brûlante).

Aujourd’hui, n’importe quel citoyen (de nationalité française et âgé d’au minimum 23 ans) est amené, après tirage au sort, à participer au jugement d’un crime au sein de la cour d’assises. Il se doit « d’être attentif lors des débats ; d’être impartial, c’est-à-dire indépendant, neutre et objectif ; de ne pas communiquer avec d’autres personnes sur l’affaire ; de respecter le secret du délibéré » (Service Public.fr, le site officiel de l’administration française). Sommes-nous préparés à une telle fonction ? Si nous sommes tenus de juger nos contemporains, en sommes-nous capables ? Qu’est-ce que c’est, l’intime conviction ? Comment se construit un jugement ? Comment s’effondre-t-il ? Quels sont les outils qui nous permettent d’exercer cette fonction de juré.e ? Ces questions, qui peuvent surgir à n’importe quel moment de notre vie (si donc nous sommes de nationalité française et avons au moins 23 ans) nous semblent à la fois cruciales pour nous amener à réfléchir davantage nos actes et nos prises de positions, mais aussi théâtrales (depuis l’Antiquité, le théâtre entretient des rapports de fascination avec la justice. De nombreuses pièces mettent en scène des procès - mais aussi des châtiments - depuis Les Euménides d’Eschyle, en passant par les figures de juges, de voleurs ou d’assassins chez Genet, Les Criminels de Bruckner, ou, plus récemment, Please, Continue (Hamlet) de Yan Duyvendak et Roger Bernat…).

Où en sommes-nous avec la liberté d’expression ?

Après les attentats de Charlie en janvier 2015, la liberté d’expression - considérée comme l’un des fondements de la société démocratique par la Cour européenne des droits de l’homme (article 10) - mais aussi ses limites, ses vertiges, ont été mis au cœur des débats de la société française. Jusqu’où a-t-on le droit d’aller ? Est-ce que la liberté d’expression est un danger ? Est-ce qu’elle est en danger ? Y a-t-il une liberté d’expression « à la tête du client ? »
Toutes ces questions, pour brûlantes qu’elles soient, sont aussi éminemment théâtrales. Jusqu’où a-t-on le droit d’aller dans les représentations ? Que nous apporte la mise à distance de la fiction ? Où se situe le curseur ? Peut-on aller jusqu’au mauvais goût ? Dépasser les bornes ? A quoi est-ce que ça sert de dépasser les bornes ? De travailler sur nos limites ? Autant de questions utiles et à notre art et à nos vies.