Les Trublions

de Marion Aubert

Création : 2005 Théâtre de la Tête Noire scène conventionnée pour les écritures contemporaines à Saran

Production : Cie Tire pas la Nappe - Théâtre de la Tête Noire

Mise en scène : Marion Guerrero

Photos : Gaëtan Guérin

Chargée de prodution : Sylvine Dupré

Bastien Crinon
Jacques Courtès
Capucine Ducastelle
Frédérique Dufour
Sylvie Gauduchon
Martine Héquet

Les Trublions vivent dans un royaume pourri. La reine molle martyrise Jacqueline sa servante. Elle coupe la tête du clown Popo. Elle pleure. Mais rien ne peut la soustraire à l'ennui. Elle est molle. Elle aime Jacqueline. Elle veut mourir.

En janvier 2005, le théâtre de la Tête Noire de Saran m’a passé commande d’un court texte en deux épisodes autour des thèmes “désir, désordre, désobéissance”.
Ainsi sont nés Les Trublions. Pouvaient-ils être normaux ces êtres là ? Certes non. Alors j’ai inventé pour eux un royaume pourri. Une reine pourrie. Des accessoires pourris. Et puis de fâcheuses aventures. Aussi cette pochade conte-t-elle la triste vie de petits êtres perdus. Chétifs. L’histoire de ceux qui ont failli mourir parce qu’ils se sont trop mal aimés. Les Trublions c’est une histoire de boucherie derrière les paravents. Une histoire d’amour derrière les paravents mais vite fait. Une histoire d’apocalypse.
Mais ne vous en faites pas.
Tout cela se passe très loin de chez nous.
Au nord de Saran.
Dans un pays qui n’existe pas.

EXTRAITS
L’HOMME PRATIQUE. Il était une fois une reine molle. Elle vivait sur son trône. Elle était grasse. Potelée. Elle avait mangé toutes les confitures du palais. Elle avait mangé les cochons. Elle avait connu la douceur des sexes d’hommes. Elle avait aimé un homme puis s’en était lassée.
LA REINE MOLLE. Je suis lassée de toi.
L’HOMME PRATIQUE. Lui avait-elle dit. Alors, obéissant, l’homme était parti. Elle avait alors connu pleurer doucement. Gémir la nuit. Elle avait connu se plaindre. Et puis elle a connu être surprise en pleine nuit par le sexe d’un homme à force de se plaindre. Elle a connu le chant des oiseaux. Elle s’est enivrée de tout. Et cette femme monstrueuse vivait affalée sur son trône.
LA REINE MOLLE. Je m’emmerde.
L’HOMME PRATIQUE. Pensait-elle.
LA REINE MOLLE. J’ai tout. Je veux mourir.
JACQUELINE. Non ma reine! Ne dépérissez pas je vous en prie! Qui va s’occuper des affaires du royaume ?! Je vais organiser un concours!
L’HOMME PRATIQUE. Dit Jacqueline la soubrette. Jacqueline était une soubrette infiniment distraite et maladroite. Elle cassait toujours tout. La reine molle ne la supportait plus.
LA REINE MOLLE. Va-t-en Jacqueline! Je ne te supporte plus! Démissionne pour l’amour de Dieu!
JACQUELINE. Ah bon.
L’HOMME PRATIQUE. Dit Jacqueline.
LA REINE MOLLE. Tes idées m’exaspèrent!
JACQUELINE. Ah bon.
L’HOMME PRATIQUE. Dit Jacqueline.
LA REINE MOLLE. Nous n’avons pas les mêmes idées de toute façon!