Virginie Barretau

(Drames, folies et autres histoires / Performance d'écriture)

Un jour, j’étais au Brésil dans l’état de Sao Paulo, un jour tu vois, au bord d’un ruisseau mais un ruisseau bon sang un paradis que si t’y jetais un noyau dedans sitôt poussait un arbre, un type est arrivé avec sa guitare qui tenait à force de pointes et de chatterton, et nous a joué de la bossa. La bossa nova... J’avais appris les mots mais je parlais mal. Mais là bon sang je comprenais les paroles en moi c’était un coup de poignard pour mon cœur, quel coup je me dis... Je regardais ses mains à lui. Je regardais mes mains et les siennes, je regardais ses mains et les miennes et mes yeux pleuraient dans mes mains trempées, je me disais ça ne peut plus durer les choses ainsi, non, ça ne peut pas continuer comme ça, il faudra changer mon dieu, il me faudra être lui ou tendre vers lui. Je regardais mes mains comment mais comment ? Je regardais ses mains souples mon dieu comme elles grattaient le ruisseau de cordes d’où poussait ces suaves lamentations, et mes mains, et les siennes déchirantes et mes mains, tout devait changer c’était la fin, je suis tombé.