Les gens croisés dans ma chute

(Orgie Nuptiale)

Alors je mis mon corps en gage.
Mon Dieu. Qu’est-ce que j’ai fait.
Georges. Qu’est-ce que t’as fait ?
Pardonne-moi mon amour.
Mais ce bonheur là je le prends pour un jour te le rendre je le promets pardonne-moi.
Qu’est-ce que j’ai fait. Quelle nuit. Mon Dieu. Quelle nuit.
Car à jamais marquée maintenant, marquée d’un fer sombre et joyeux car elle fut tendre cette nuit là mon amour.
Et dans l’autre j’ai pu me répandre.
Et par à-coups je l’aimais l’autre.
Par à-coups je la comprenais.
Mon Dieu qu’elle fut longue.
“Qu’est-ce que t’as fait ?”
Je n’ai rien fait mon amour.
Je n’ai rien fait.
Qu’elle fut trouble.
Je suis très perturbé maintenant.
Pardon mon amour.
Pardon mais bon.
Ainsi va la vie.
Georges.
Tais-toi Georges, ta gueule.
Pardon. Pardon mon amour, pardon.
Nos corps s’entrelaçaient.
J’entrelaçai d’autres corps.
Jusqu’à sourire.
A partir du sourire c’est trop tard il faut mourir.
Et prêt à la mort je ferme les yeux.
Je m’engouffre en ces bras-là.
J’ai le corps détruit de mes grands jours. De longues, trop longues nuits j’ai le corps détruit.
Je me retourne.
Je me vautre.
Pourtant je t’aime mon amour pour toujours je t’aime, tu te rassures ? Tu te rassures ou quoi ?
Je parle pourtant peu d’habitude.
Bonne nuit chère amie.                                                                               
“Bonne nuit.”
A tout à l’heure quoi.                                                                                 
Bonne nuit.
Tu fais n’importe quoi, vraiment.
Georges!
N’importe quoi!
Hum. Très bon.
Très tendre, très bon.
“Merci Georges. Merci.”
C’est très agréable chez vous mademoiselle.
L’odeur surtout. L’odeur d’un outre-temps.
L’odeur du connu pourtant.
J’aime ton odeur. C’est con.
Mais j’aime ton odeur.
Ne te disperse pas.
Ce n’est pas la peine de te disperser. Ne te disperse pas s’il te plaît tu seras gentil.
Comme c’était bon.
Ne t’engage pas surtout, ne t’engage pas.
“C’est très bon chez vous monsieur.
Il fait très bon.
Il fait très amoureux chez vous monsieur.                                                     
Très propret chez vous. Très propret.”
Le propret.
Pas si propre le propret.                                                                              
Je me renifle encore.
Bonjour madame et bien le bonjour et bonjour bonjour et je vous salue pleine de bonsoir.                                                                                                    
Très vite, je n’ai pas cautionné mon attitude.
Je l’ai beaucoup promené.
Mon cul.
T’en as vu du pays dis mon cul dis du pays beaucoup t’en as vu ?
“Oui” dit mon cul.
“Des pintes de femmes.”
Et je traverse les autres ainsi depuis La Vaste.
Et j’oubliai jusqu’à l’oubli de La Vaste, de son reflet, de nulle part surgie, peut-être un pur fantasme, et je la voyais, juste dans des spasmes et toujours, couverte de cornes.
Trop c’est trop.
Et joyeux de l’oublier je fis ployer les autres et le monde était vaste, plus vaste que La Vaste.                                                                                            
Ainsi tout allait, la solitude ne m’était pas coutumière et quand elle le fut, je pleurai mais ça c’est plus tard.                                                                     
T’es frigide. T’es frigide ou quoi putain merde une frigide. Je laisse parler mon cœur il m’en dit des horreurs, je voudrai celle-là puis celle-là puis celle-là puis l’autre encore et La Vaste en prime je les veux.                   
Faut que j’arrête.
Arrête immédiatement.
Je marche à travers les rues, je parle à d’autres gens des mangeurs de pierre par exemple, et les mangeurs de pierre me disent “bonjour Georges.
Comment vas-tu ?
Que fais-tu ?
Que dis-tu ?
Y es-tu ?”
Je vais mon chemin.
Je dis c’est bien agréable chez vous madame.
C’est léger.
Merci madame c’était très confortable chez vous.
C’était gai chez vous madame.
C’est gai la Belgique chez vous c’est gai.                                                      
C’était pas gai.
Au revoir madame. C’est pas gai gai.
Car j’ai l’œil. Enfin. Pas l’absolu mais pas loin.                                         
Puis j’ai rencontré Geneviève elle se branlait dix fois par jour la cochonne. Moi je ne me branle jamais c’est drôle. J’ai d’autres choses à faire surtout. Je mens ? Moi je mens ?
Geneviève. Ça m’a fait bien plaisir de t’avoir dans le jardin.