La terre brunie

(Orgie Nuptiale)

Je marche vers toi La Vaste je cours pour te rejoindre.
Je danse.
Les bras livrés, tournés pour la nuit la terre nous porte mon amour! La terre m’emporte pour toi je me retourne et je cours.
Et le rire ne me quitte plus.
Le rire de te revoir.
Quel bon rire.
Qu’il est bon de rire trop tard.
Bon de rire dans le noir.
Mon cœur n’est plus à prendre mesdames! J’enterre mon cœur ce soir, merci.
Merci de te revoir.
J’ouvre la porte et tu es là.
La vie te fut pénible Georges parfois. Sacré Georges.
Mais mourir dans ton éclat.
Je meure dans ton éclat mon amour je meurs de toi.
Dernier hymne à l’amour avant l’oubli! Attention mesdames l’amour au dernier cri! C’est prétentieux n’est-ce pas.
Tellement prétentieux d’être heureux.
Mon sourire est bien trop large alors il se transforme et jusqu’au rire et jusqu’au pleur et jusqu’au cri, je hurle mon bonheur d’être à la mort chargé de vie.
Car j’en ai brouté le suc.
Je m’en suis gorgé.
Ta pulpe éclate jusqu’en mon corps, jusqu’à mon cri merci la mort! Merci!
Chère.
Chère ma vie.
Galope! Cours mon Georges!
Un bon Georges!
Quelle entourloupe alors. Quelle ironie du sort. Quelle facétie.
Jusqu’au bout jubile. Jubile encore.
Exulte!
Cours!                                                                                                     
Quelle impertinence!
Quel retournement!
Quel coup de théâtre finalement.                                                                 
Magistral.
Un bouleversement.
Il est trop fort.
Tu es trop fort mon amour.
Trop fort.
Tu m’expulses de moi-même.                                                                     
Pour toi je me courbe et je me plie gloire à toi.
Tu me fais gloire j’en reviens pas.
Vraiment. J’en reviens pas.
Le comble pour moi. Le comble.
Elle est pas belle la vie ?
Elle est pas généreuse ?
Elle est pas bien remplie ?
Je me retranche.
Au revoir mesdames.
Au revoir.
Je vous tire ma révérence.
On est loin mon amour.
On est rendus très loin.
Et dans l’autre monde ils se marièrent.
Et dans l’autre monde ils eurent beaucoup d’enfants.